L'établissement

Histoire du collège

Par SONIA LOEWERT, publié le samedi 22 septembre 2018 11:00 - Mis à jour le lundi 2 septembre 2019 19:40
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Histoire  du collège


Les travaux du collège ont débuté en 1967. C'est cette même année qu'il a, en septembre, connu sa première rentrée. Récits et anecdotes de ces changements moraux et physiques.

 

René Samuel Cassin (1887-1976)

Né à Bayonne, il poursuivit de brillantes études de droit à Aix-en-Provence. Blessé au front en 1914, le jeune juriste mit ses connaissances au service des anciens combattants, dont il fut l'un des représentants à la Société des Nations. C'était d'abord sur eux, selon lui, que devait se fonder une paix solide. La montée des totalitarismes dans les années 30 l'inquiéta très tôt. Il commença à songer à une déclaration des droits de la personne humaine.
Dès juin 1940, il rejoignit le Général De Gaulle à Londres, puis, en 1943, à Alger. C'est là qu'il dirigea le Comité juridique nouvellement crée, dont il appréciait le "pouvoir régulateur". Il y défendit le droit à la citoyenneté des juifs et des musulmans algériens et prépara les mesures législatives d'après guerre. La montée des totalitarismes dans les années 30 l'inquiéta très tôt. Il commença à songer à une déclaration des droits de la personne humaine.
Dès juin 1940, il rejoignit le Général De Gaulle à Londres, puis, en 1943, à Alger. C'est là qu'il dirigea le Comité juridique nouvellement crée, dont il appréciait le "pouvoir régulateur". Il y défendit le droit à la citoyenneté des juifs et des musulmans algériens et prépara les mesures législatives d'après guerre.
En novembre 1944, il fut nommé vice-président du Conseil d'État, fonction qu'il exerça jusqu'en 1960. Grâce au prestige et à l'expérience qu'il avait acquis, il contribua à accroître les compétence du Conseil d'État dans le domaine législatif en obtenant que soit rendue obligatoire la consultation du Conseil d'État avant l'adoption des projets de loi ou d'ordonnance émanant du gouvernement. Cette compétence fut confirmée par la Constitution de 1958. René Cassin fut également à l'origine de la création, en 1953, des tribunaux administratifs qui succédèrent aux conseils de préfecture.
Son nom demeurera attaché à la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par l'ONU, à Paris, le 10 décembre 1948, et dont il fut, avec Éléonor Roosevelt, le principal artisan.
Membre du Conseil constitutionnel de 1960 à 1971, il présida aussi de 1965 à 1968 la Cour européenne des droits de l'homme, organe juridictionnel du Conseil de l'Europe. Convaincu que ce serait par l'éducation que progresserait le respect des droits de la personne humaine, il fonda, en 1969, l'Institut international des droits de l'homme, à Strasbourg.
Il fut honoré du Prix Nobel de la Paix en 1968.
Ses cendres furent transférées au Panthéon en 1987.



1953 : la situation scolaire dans le secteur de Cernay



Cernay hébergeait déjà, avant la guerre, dans les actuels bâtiments de la rue Rissler, un Cours Complémentaire qui en 1953, par exemple, comptait 53 élèves répartis en deux classes. Ce C.C., à l'époque, était intégré à l'école élémentaire. Y enseignaient des instituteurs nommés pour leurs compétences et leur expérience. Des élèves doués, mais que les traditions familiales et le manque de fortune écartaient des études secondaires, fréquentaient ces cours. Bien préparés, ils obtenaient généralement d'excellents résultats aux concours des écoles normales, (ce qui représentait une réelle promotion sociale) et aux concours subalternes des services publics, devenaient de remarquables chefs d'entreprises artisanales et commerciales. La grande majorité de leurs camarades de classe achevaient une scolarité (un bon tiers d'entre eux munis du certificat d'études) plus ou moins laborieuse en classe de fin d'études, qui les menaient directement à l'emploi souvent non qualifié dans les nombreuses entreprises du secteur.
Rares furent les enfants de familles aisées qui fréquentaient les bancs de l'école communale et du cours complémentaire. Ils étaient généralement scolarisés dans les "petites classes" du Lycée de Thann, parfois à Mulhouse, le plus souvent dans les internats privés de la région. Il arrivait, néanmoins çà et là qu'un instituteur, à force d'insister, levait les appréhensions compréhensibles des familles modestes devant les risques d'une scolarité secondaire longue et onéreuse et envoyait l'un et l'autre de ses élèves, souvent brillants, affronter la concurrence des lycéens plus favorisés.



1960 : disparition du Cours Complémentaire au bénéfice d'un Collège d'Enseignement Général (C.E.G.)


La situation décrite, acceptée généralement comme une fatalité sociale, s'était brutalement modifiée.

En effet, les familles, sensibilisées aux changements intervenus, étaient devenues plus ambitieuses pour leurs enfants. Côté instituteurs, on impulsait une dynamique nouvelle qui devait désormais ouvrir l'école sur une scolarité prolongée. Ces dispositions amenèrent au niveau CC un effectif d'enfants correspondant à treize classes, ce qui justifiait l'ouverture d'un Collège d'Enseignement Général. La rentrée en C.E.G. pour les élèves et les enseignants se fit en septembre 1960.
Indépendant de l'école élémentaire, le CC s'installait dans l'actuelle école des "Tilleuls", qu'on agrandissait d'une aile pour y loger les enseignements scientifiques et manuels. La demi-pension, gérée par la municipalité avec le concours financier des parents, était dans un local du Tribunal Cantonal avec une cinquantaine de rationnaires venant principalement des trois communes environnantes. L'encadrement du C.E.G. était constitué par les instituteurs du CC auxquels s'étaient joints des professeurs titulaires d'un diplôme universitaire (propédeutique) devenu par la suite PEGG (professeur d'enseignement général du collège).

Les rémunérations des enseignants, gérées par les services de l'Inspection Académique mises à part, la commune de Cernay, avec le concours des trois autres communes, assurait, au prorata des effectifs respectifs, tout financement des investissements et du fonctionnement.

Ces dépenses croissant rapidement avec l'augmentation des effectifs, les municipalités cherchaient un moyen d'associer l'État au partage des coûts.



1964 : création du Collège d'Enseignement Secondaire (C.E.S.)

Le décret de nationalisation du Collège d'Enseignement Général en Collège d'Enseignement Secondaire entrant en vigueur au mois de septembre 1964 soulageait avant toute chose les finances des communes.

Étaient alors nommés au C.E.S. de Cernay les premiers professeurs certifiés, formés à l'Université, des adjoints d'enseignement (A.E.) et des maîtres auxiliaires (M.A.). Un agent comptable s'occupait des finances.

On y enseigna le latin pour la première fois, ainsi qu'une deuxième langue (l'anglais). Avec l'introduction des disciplines du lycée (latin-grec), le C.E.S. connut les filières :
- La section classique : latin-grec donnant accès au Lycée.
- La section moderne I : ouvrant aux études modernes longues, généralement scientifiques.
- La section moderne II : débouchant sur l'enseignement professionnel.
- les classes de transition, les classes d'accueil ou pratiques : conduisant dans le meilleur des cas à l'enseignement professionnel plus naturellement à l'apprentissage et à la vie active...

Cette transformation fut considérée comme une chance réelle de promotion pour la population scolaire du secteur de Cernay. Toutefois, les craintes exprimées çà et là dans le département furent partagées par les élus locaux et les professionnels : Quelle sera la contribution financière de l'État ? Quel sort sera réservé à l'apprentissage avec la prolongation de la scolarité ? Quel avenir est réservé aux élèves à qui on refusera l'entrée au collège ? On s'interrogeait également sur l'avenir des instituteurs et des PEGG, et les enseignants des lycées supportaient mal la concurrence des sections classiques du C.E.S. ainsi que la nomination de leurs pairs (certifiés et agrégés) dans les C.E.S.

 


1967 : Construction d'un nouveau collège



Les bâtiments de la rue Rissler suffisaient à peine pour accueillir 370 élèves, effectif largement atteint dès 1965. Une étude prospective annonçait pour 1970 un effectif atteignant 800 élèves en vertu de l'application des textes officiels.

Les problèmes financiers préoccupaient les quatre communes de sorte qu'elles décidèrent de se constituer en "SYNDICAT INTERCOMMUNAL POUR LA CONSTRUCTION D'UN C.E.S. DU CANTON DE CERNAY" afin de s'assurer une assise financière plus étendue, impliquant la ville de Cernay à hauteur de 75% et les trois autres communes pour les 25% restants.
La décision de construire du neuf fut prise avec les risques financiers inhérents, du fait que le site de la rue Rissler pouvait, même dans le meilleur des cas, n'offrir qu'une solution provisoire au problème de l'accueil d'un effectif en expansion.

Le coût de la construction

Le syndicat se sentait soulagé de pouvoir confier la gestion d'un chantier d'une telle ampleur, à l'État, mais du même coup, en perdant la maîtrise de l'ouvrage, il se privait de toute liberté de manoeuvre. De ce fait, les surprises furent nombreuses Elles se déclarèrent au fur et à mesure de l'avancement des travaux. Les dépenses supplémentaires dues à l'inflation mal maîtrisée firent monter la participation financière du Syndicat de 95 130 € à 143 300 €, la subvention initiale de l'État restant constante pour l'externat, la demi-pension et le bâtiment administratif: le surcoût représentant 32 000 € pour le gymnase (1969). L'achat du terrain de 3ha coûtait au SIVOM 21 345 €, (la subvention de l'État étant de 6 860 €, calculée à hauteur de 50% sur une surface limite de 15,25 € par élève, multipliée par l'effectif théorique de 900). Toutes les dépenses complémentaires (préparation et drainage du terrain, viabilité (eau, gaz, électricité, assainissement, voiries, clôtures etc...) n'étaient pas programmées.

La construction du COLLEGE aura coûté aux 4 COMMUNES la somme de 230 200 € (1967-69) sur une dépense globale de 976 600 €...
le département ayant subventionné le projet à hauteur de 87 660 €.

Coûts d'entretien...

Les délais de construction très réduits, l'enveloppe financière calculée au plus juste, la nature des matériaux utilisés, le type de construction (toit plat), tout cela devait inévitablement provoquer de nombreuses et coûteuses malfaçons (défauts d'étanchéité et d'isolation, conduites défectueuses etc).

Ainsi, pour la période comprise entre 1980 et 1985, le montant des dépenses d'entretien et de réparation avait atteint 116 000 €, dont 74 800 € à la charge du SYNDICAT INTERCOMMUNAL. Ces dépenses ont quintuplé, depuis 1986 dépassant 686 000 € dont 228 700 € à la charge des 4 communes (travaux d'isolation des façades, remplacement des fenêtres aux trois bâtiments, remplacement des conduites de chauffage). Depuis les lois sur les transferts de compétence (1983), la gestion des collèges revient au Département qui de ce fait en est le propriétaire. Le Département prévoit pour le prochain plan quinquennal (entre 1990 et 95) des dépenses supplémentaires d'un montant de 655 500 €.
Pour résumer, la construction et l'entretien du collège auront coûté aux collectivités nationales, départementales et locales de 1967 à ce jour 1 711 200 €.


Quelques changements essentiels intervenus entre 1964 et 1990


Progressivement, la notion d'hétérogénéité a remplacé la notion d'homogénéité, ce qui a entraîné officiellement la disparition des filières. Désormais, les bons élèves cohabiteront avec les élèves moyens et les moins doués. Cependant, le débat entre les tenants d'un système homogène, élitiste, et hétérogène ne sera jamais clos. Actuellement, on tend progressivement à introduire dans la pratique pédagogique un enseignement dit différencié qui tient compte, au sein des classes, de l'hétérogénéité des niveaux des élèves.

La population scolaire a considérablement changé, non seulement à la suite des formidables brassages sociaux, mais au fait que le collège accueille désormais, à quelque chose près, l'ensemble des élèves des C.M.2.

Les conditions d'insertion professionnelle et sociale ont au fil des années modifiés les profiles des carrières, donc des formations. Les exigences de formations et d'éducation impulsent de meilleures qualifications. Aussi le collège qui n'est plus l'école élémentaire et qui ne sera jamais le lycée a pour objectif d'amener le maximum d'élèves en troisième, afin de permettre à 80% d'entre eux, d'atteindre le niveau IV, c'est-à-dire le niveau du Baccalauréat.

La loi d'orientation (1989) a rendu obligatoire pour chaque collège l'élaboration d'un projet d'établissement, consistant en un diagnostic de la situation du collège dans son secteur d'implantation, la définition des axes prioritaires et des programmes pour atteindre les objectifs du projet, enfin l'évaluation des résultats.

Une gamme d'actions complémentaires contribue à améliorer la vie au collège : CLUBS, P.A.E. (Projets d'Actions Éducatives) et U.N.S.S. (sports scolaires). L'ensemble de cet arsenal d'actions, faisant appel au volontariat des élèves, à l'esprit d'initiative, au sens de l'ouverture sur le monde peuvent contribuer à développer la prise de responsabilité et faciliter les processus d'apprentissage de tous ordres.

Depuis la loi sur le transfert des compétences, c'est le département du Haut-Rhin qui est propriétaire des bâtiments et qui assure la gestion, quand les communes et les regroupements de communes n'ont pas fait appel de responsabilité et faciliter les processus d'apprentissage de tous ordres.

La démocratisation de l'enseignement, à la base de toutes les revendications, est une oeuvre de longue haleine, jamais parfaite. Elle mobilise des concours financiers considérables, met à contribution les énergies de tous les partenaires, parents, professeurs, élèves. Une chose est certaine : chaque jeune élève, mis en situation d'apprentissage favorable, trouvera au collège, s'il en a la volonté et les capacités, les conditions satisfaisantes de sa réussite.


 
Les différents Principaux

 


Les différents Principaux qui se sont succédés au Collège René Cassin sont :

- de 1967 a 1973 : M. Ineich
- de 1973 a 1982 : M. Drouot
- de 1982 a 1991 : M. Weber
- de 1991 a 1997 : Mme Fritsch
- de 1997 a 2005 : M. Nimtz
- de 2005 à 2008 : Mme Basler-Staub
- de 2008 à 2011: M. Schmidt
- de Janvier 2012 à Juillet 2012:  M. Ribolzi
- de 2012 à 2019 : Mme Martin

- depuis la rentrée 2019 : Mme Schumacher